Du pif, du gaz et des bulles

Eh bien oui, c’est avec une coupe de Champagne à la main que Microtokyo redonne signe de vie ! Alors que les deux candidats à la présidentielle la jouent simplicité pour draguer, entre autres, les râleurs qui ont voté en faveur de la crispation fascisante au premier tour, Microtokyo en a profité pour installer ses quartiers dans une ville aussi jolie que méconnue : Reims. Reims ? Oui, Reims, là où la flûte de Champagne coûte autant qu’un Picon au bistrot. Aucun snobisme donc, seulement des habitudes locales. On vous a assez répété sur ce blog combien il est crucial de se connecter aux moeurs urbaines locales.

Dans la rue du blogueur...

C’est donc dans la métropole aux fines bulles que Microtokyo prépare sa mue. Autant une question d’aspirations éditoriales que de lieux. Les aspirations éditoriales : on ne déflore pas le sujet, c’est  le sujet du prochain post. Passons donc à la question des lieux. Après de longues immersions dans le vertige des mégapoles brésiliennes, la douceur afro-européenne de Lisbonne, dans l’hyperdensité parisienne nourrie d’envolées stambouliotes et berlinoises, avec comme port d’attache les mensurations presque parfaites de Lyon, votre serviteur déflore désormais une autre facette de l’urbanité. Petite métropole à un saut de bouchon de Paris, Bruxelles et Amsterdam – bénis soient les billets Prem’s, Reims n’est ni tout à fait centrale, ni tout à fait périphérique. Ni petite, ni de taille à rivaliser avec les capitales. Elle est simplement à nouveau en pleine mutation : percée du tramway changeant la donne sociospatiale, vastes chantiers de rénovation urbaine, effervescence culturelle… Survivant de peu à deux guerres urbicides, Reims s’était fait oublier au point d’essuyer quelques sourires dédaigneux. Ah, les cons, s’ils savaient disait l’autre… Les choses changent, la survie au plus adapté, disait Darwin. Pas au plus fort. L’organe rémois tente la symbiose avec les trois capitales européennes environnantes. Ce qui nous a toujours intéressé et qui nous intéressera toujours, ce n’est pas la taille de telle concentration urbaine, mais bien plutôt sa capacité à sécréter de nouvelles manières d’y vivre.

"tu verras, à Reims, y a que des terrils..." Beat techno à la Carto.

Microtokyo décide ainsi de goûter aux joies de l’hétéronymie en se dédoublant aujourd’hui en Tokypop, chroniqueur de l’actu culturelle au sein du tout récent collectif du Carto Crew. Porté par La Cartonnerie, grosse salle de musiques actuelles et centre de cultures alternatives, le Carto Crew est son asso de bénévoles. Laquelle vient de fonder un pôle médias, comptant bientôt avec les moyens techniques de la Carto. L’objectif : diffuser et commenter l’actu de la scène arty locale, fort riche (Yuksek, The Shoes et le Studio 510 TTC n’étant que la partie émergée), et ne demandant qu’à se placer plus à la lumière. Il y a une poignée de mois, le Crew a lancé un blog qui a du FLAIR – Front de Libération des Arts et Initiatives de Reims. Tout reste à construire, et pas seulement avec de l’écrit (mais chuuuuuuuut !) et c’est bien cette énergie des débuts qui fait bander Tokypop, ses compères du zine Ouat et tous les autres contributeurs.

Donc oui, si vous aimez les nouveaux sons, les arts numériques, le graphisme et les jeunes pousses, faites un saut sur le FLAIR. La peinture est encore fraîche, ça dégouline peut-être ici et là, le temps pour l’équipe de préparer la saison 2012-2013. On ne voulait pas attendre. Tour de chauffe que Tokypop assume pleinement avec cette première contribution. Enjoy ! Quant à lui, Microtokyo reste ici… au moins jusqu’au prochain verre de Champ’.

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